Aller au contenu
MyCritik

Spectateurs · 6 min de lecture

Revendre son billet de concert légalement : étapes et bons canaux

Par La rédaction MyCritik · mis à jour le 12 octobre 2026

Vous ne pouvez plus aller à un concert ou à un spectacle ? Vous pouvez en principe revendre votre billet : en France, la revente occasionnelle par un particulier est permise. Ce que la loi interdit depuis la loi n° 2012-348 du 12 mars 2012, qui a créé l’article 313-6-2 du Code pénal, c’est la revente habituelle sans l’autorisation de l’organisateur.

Le plus sûr est de suivre cet ordre :

  1. vérifier d’abord si l’organisateur propose un échange ou un transfert ;
  2. passer ensuite par la plateforme de revente officielle si elle existe ;
  3. seulement en dernier recours, vendre à un particulier, au prix payé, avec un mode de remise qui protège les deux parties.

Cet article est un mode d’emploi pratique pour le vendeur. Le détail des textes est expliqué dans notre article revente de billets : légal ou pas ? : article 313-6-2, loi de 1919 sur les spectacles subventionnés, décision du Conseil constitutionnel. Vous y trouverez aussi les arnaques à éviter côté acheteur.

Ce que la loi permet, en bref

  • Revendre une fois votre billet parce que vous êtes malade, que vous avez un empêchement ou que la date ne vous convient plus : c’est de la revente occasionnelle, autorisée.
  • Revendre de façon habituelle sans l’accord de l’organisateur : c’est un délit puni de 15 000 € d’amende (30 000 € en cas de récidive), qui vise aussi ceux qui fournissent les moyens de cette revente.
  • Revendre plus cher qu’à l’achat : interdit pour les spectacles subventionnés, et déconseillé dans tous les cas.

À cela s’ajoutent les conditions générales de vente de l’organisateur, qui peuvent limiter la revente à un canal officiel ou interdire tout transfert. Un billet revendu en violation de ces conditions peut être annulé.

Étape 1 : vérifiez si l’organisateur propose une solution

Avant de chercher un acheteur, relisez votre mail de confirmation et les conditions de vente. Selon la DGCCRF, les billets de spectacle à date fixe ne bénéficient pas du droit de rétractation de 14 jours, et les conditions générales prévoient rarement un échange ou un remboursement. Mais certains organisateurs proposent :

  • un échange contre une autre date de la même tournée ou du même spectacle ;
  • un avoir à utiliser plus tard ;
  • une assurance annulation, si vous l’avez souscrite à l’achat : relisez ses conditions, elle couvre parfois votre empêchement.

Si c’est le spectacle lui-même qui est annulé ou reporté, vous n’avez pas besoin de revendre : lisez notre article concert annulé ou reporté : que faire ?.

Étape 2 : le transfert à un proche

Vous connaissez quelqu’un qui peut y aller à votre place ? C’est la solution la plus simple.

  • Billet non nominatif (PDF ou e-billet sans nom) : vous pouvez en général le transmettre directement. Ne gardez pas de copie, et ne l’envoyez qu’à une seule personne.
  • Billet nominatif : le nom du spectateur figure sur le billet et une pièce d’identité peut être demandée. Utilisez la fonction de transfert de la billetterie ou de l’application, quand elle existe : le billet est alors réémis au nom du bénéficiaire.
  • Billet dans une application : la plupart des applications de billetterie prévoient un bouton « transférer » ou « envoyer ». Le destinataire doit souvent créer un compte.

Étape 3 : la revente officielle

De nombreuses billetteries et salles proposent une plateforme de revente entre spectateurs, autorisée par l’organisateur. C’est la solution à privilégier :

  • le billet est annulé et réémis au nom de l’acheteur, ce qui élimine le risque de doublon ;
  • le paiement est sécurisé pour les deux parties ;
  • le prix est souvent encadré. À l’Opéra national de Paris, par exemple, la « Bourse aux billets » est réservée aux particuliers et le prix de revente ne peut pas dépasser la valeur faciale.

Des frais de service peuvent s’appliquer, et le délai de paiement varie : vous êtes souvent payé seulement une fois le billet revendu, parfois après la date du spectacle. Pour savoir si une revente officielle existe, regardez la page de l’évènement, votre compte client ou la FAQ de la billetterie où vous avez acheté.

Étape 4 : la revente à un particulier, en dernier recours

Si aucune solution officielle n’existe, vous pouvez vendre votre billet à un particulier, en respectant quelques règles :

  1. Vendez au prix payé, pas plus : c’est obligatoire pour les spectacles subventionnés et c’est le meilleur moyen de rester dans la revente occasionnelle.
  2. Soyez transparent : catégorie, emplacement, nominatif ou non, mode de remise.
  3. Ne vendez le billet qu’à une seule personne, et ne l’utilisez plus. Vendre le même billet plusieurs fois est une escroquerie.
  4. Privilégiez une remise en main propre devant la salle ou un transfert via l’application, plutôt qu’un PDF envoyé par mail.
  5. Gardez une trace de l’échange : messages, preuve de paiement, preuve d’envoi du billet.
  6. Méfiez-vous aussi en tant que vendeur : faux acheteurs qui demandent vos coordonnées bancaires, faux justificatifs de virement, demandes de « code de vérification ». Ne communiquez jamais un code reçu par SMS.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Acheter des billets dans le but de les revendre, même « juste pour quelques concerts » : c’est le terrain de la revente habituelle, punie par la loi.
  • Gonfler le prix au motif que le concert est complet.
  • Revendre un billet que les conditions de vente rendent incessible : l’organisateur peut l’annuler, et c’est l’acheteur qui se retrouvera refoulé.
  • Passer par une plateforme de revente non autorisée par l’organisateur quand une revente officielle existe.

Et si personne n’achète ?

Si la date approche et que vous ne trouvez pas d’acheteur, vous pouvez offrir le billet à un proche ou baisser le prix. Un spectateur dans la salle vaut mieux qu’une place vide : pour l’artiste aussi. Gardez en tête que, faute d’échange ou de revente officielle, le prix du billet n’est en principe pas remboursable lorsque l’empêchement vient de vous.

Avant d’acheter votre prochain billet

Pour éviter de devoir revendre, renseignez-vous avant d’acheter : date, horaires, durée, placement. Les avis des spectateurs des dates précédentes aident beaucoup. Retrouvez les avis sur les concerts et sur les spectacles d’humour, et si vous avez finalement pu assister au spectacle, donnez votre avis.

Questions fréquentes

A-t-on le droit de revendre son billet de concert ?

Oui, si la revente est occasionnelle, par exemple parce que vous ne pouvez plus vous rendre au concert. La loi interdit la revente habituelle sans autorisation de l’organisateur. Vérifiez aussi les conditions de vente : certaines réservent la revente à une plateforme officielle.

Comment revendre un billet nominatif ?

Utilisez la fonction de transfert ou la plateforme de revente officielle de la billetterie : le billet est alors réémis au nom de l’acheteur. Envoyer le PDF à quelqu’un ne suffit pas, car le nom ne correspondra pas à sa pièce d’identité si un contrôle est effectué.

Peut-on se faire rembourser un billet de concert si on ne peut pas y aller ?

En général non : les billets de spectacle à date fixe ne bénéficient pas du droit de rétractation, et les conditions de vente prévoient rarement un remboursement. Certains organisateurs proposent toutefois un échange, et une assurance annulation souscrite à l’achat peut couvrir certains empêchements.

À quel prix revendre son billet ?

Au prix que vous avez payé, au maximum. C’est une obligation pour les spectacles subventionnés, et c’est la meilleure façon de rester dans le cadre d’une revente occasionnelle. Les plateformes officielles encadrent souvent le prix de revente.

Prêt à choisir votre prochaine sortie ?

Lisez les avis des spectateurs avant de réserver : concerts à l’affiche près de chez vous.